Maladie de Crohn et rectocolite hémorragique
Que manger pendant une poussée ? Que réintroduire quand les symptômes s'apaisent ? Faut-il éviter certains aliments pour limiter le risque de nouvelle poussée ? Comment garder une alimentation variée quand on tolère moins bien certaines choses ? Ces questions reviennent souvent, et les réponses ne sont pas les mêmes selon la période de la maladie dans laquelle vous êtes.
Ce que l'on sait de l'alimentation dans les MICI
La maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique (RCH) sont des maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI). Elles évoluent par périodes de poussée et de rémission, et sont suivies par un gastro-entérologue, qui décide du traitement.
Côté alimentation, l'association Afa Crohn RCH France rappelle qu'il n'existe pas de régime unique : l'alimentation doit rester diversifiée et équilibrée. Les régimes d'exclusion stricts, longtemps prescrits, ne sont plus justifiés de façon générale, et des restrictions prolongées exposent à un risque de carences et à de la fatigue.
Le vrai point de vigilance est ailleurs : la dénutrition. Une baisse d'appétit liée à l'inflammation, des besoins plus élevés ou une moins bonne absorption des nutriments peuvent fragiliser l'état nutritionnel, d'où l'intérêt d'un suivi.
Poussée, rémission, chirurgie : des besoins différents
Pendant une poussée, les symptômes (diarrhée, douleurs, perte d'appétit) peuvent justifier des adaptations temporaires. Une réduction passagère des fibres peut par exemple soulager certains symptômes, mais elle ne prévient pas les poussées et n'a pas vocation à durer. Quand l'inflammation s'apaise, l'objectif est de réintroduire progressivement les aliments et de retrouver une alimentation aussi large que possible. Après une chirurgie, ou en cas de perte de poids, les priorités changent encore.
C'est cette adaptation à la période que vous traversez qui fait l'intérêt d'une prise en charge diététique appropriée dans la durée.
Mon accompagnement
En consultation, nous partons de l’histoire de votre maladie, de la période que vous traversez, de vos symptômes et de votre alimentation : vous repartez avec quelques priorités adaptées, que nous réévaluons au fil du suivi.
Nous pouvons notamment travailler sur :
l'adaptation de votre alimentation à vos symptômes et à votre tolérance du moment
les évictions que vous avez déjà mises en place, pour vérifier qu'elles restent justifiées
le maintien d'apports suffisants en énergie et en protéines
la prévention ou l'accompagnement d'une perte de poids et d'un risque de dénutrition
la réintroduction progressive des aliments quand les symptômes s'apaisent
la préservation de la variété et du plaisir de manger malgré les aliments moins bien tolérés
le lien avec votre équipe médicale, qui assure le suivi de vos bilans sanguins et décide d'éventuelles supplémentations.
À lire aussi : Syndrome de l'intestin irritable · Reflux gastro-œsophagien · Constipation chronique
Sources
Afa Crohn RCH France, Manger en période de poussée · Recommandations ESPEN sur la nutrition dans les MICI (synthèse FMC-HGE)
FAQ
Questions fréquentes
Tout ce que vous souhaitez savoir avant de commencer votre accompagnement.
Dois-je suivre un régime sans fibres pendant une phase de poussée ?
Pas de façon systématique. Une réduction temporaire des fibres peut aider certains symptômes pendant une période limitée, mais elle ne prévient pas les poussées. Elle se décide selon votre situation, avec votre équipe médicale, et se réévalue régulièrement.